ô fureur du monde

ah s’il fallait donc caresser sans cesse des cîmes mentales aux abstractions les plus jolies
aux courbes litéraires et faire des vagues douces sur la crête par des flots de verbe
toujours sensible toujours tendu vers l’évasion… s’il n’y avait la rancoeur et la haine
soeur jumelles d’un cirque maladif où tout court au meurtre et à la rage vengeresse
rongeant les bords d’un monde absurde empli des fureurs folles de son temps

l’un-ce-temps, lui, le regard tourné sur lui-même en observant l’autre quel qu’il soit sur l’amorphe échelle commune où les esprits s’accrochent à des places « ceci c’est moi et le moche c’est l’autre ! » disent-ils

reprenant déjà ce qui fut donné dans le risque de le perdre

l’unité du vivant que rien ne peut détruire… seule la course à l’inéffable « c’est moi ! »
et aux strapontins de la gloire éphémère et de la vacuité mondaine aux paillettes
courant sur l’herbe l’esprit des eaux que le monde refoule en tirant sur la planche à billets
et les billets envahissent le monde pleins de mots idiots et de bouées-journaux
où les échoués cherchent leur réalité et se confortent « non, rien n’a changé »

sauf leur haine, inextinguible, affreuse et tordue qui pourchasse celui qui émit
une vérité simple qui pouvait soigner le monde

mais le monde est une horloge si précise que chaque goutte de sang y vient inscrire sa demeure
chaque perle de sueur marque son passage délétère sur le coeur qui se courbe

et ses rouages obscurs le broient sans cesse sous les marteaux du jugement

« Courbez-vous ! » dit le monde dans son leurre « souffrez ! » voilà le lot
« travaillez et surtout taisez-vous tandis que les maîtres parlent ! »
voici… les regards cherchent l’espoir où ils ne peuvent le trouver : en l’autre qu’ils s’empressent de juger.

Ah poête… n’avions-nous vu mille étoiles descendre en cieux désirables
emplis de clartés nourrissières ? et qui serions-nous, qui laissons le monde obscurcir nos pensées,
qui serions-nous pour savoir en certitudes d’avoir perdu ce qui n’est pas de ce monde ?

précisément ce que le monde a toujours refusé et qu’il ne peut donc atteindre
mais qu’il exige aujourd’hui dans son antique fureur qui fait si bien peur aux étoiles
qu’elles se tiennent si loin, si hautes, si pures et lointaines que les poussières
virevoletantes se rient de nous « n’oubliez pas, nous sommes identiques,
nous avons au coeur les récits fantastiques et les mémoires complexes,
nous n’avons qu’Amour pour toujours nous distraire et la danse sans fin
dans la musique des sphères. Veillez, car comme pour nous, la danse sera courte
et les puissances stellaires fatiguées rêvent d’enfin accoster aux nouveaux rivages
d’une fleur si éclose qu’elle dévoilà et remua jusqu’aux bassesses de l’ombre
et la férocité des puissants qui se trament aux abysses.

O nos frères, puissions-nous relever l’échine et jeter loin ce sombre joug
qui entraîne, enchaîne et alourdit nos penchants, puissions-nous écarter ces voiles
d’obsession et de misère, de guerre ignominieuse et de rumeurs de guerres sans fin

mais guérir enfin Seigneur… amour guéris enfin nos tourments
et nos angoisses pour l’avenir des enfants »

~ par bubbledom - Ea sur décembre 6, 2008.

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